Catherine de’ Medici Faits


Catherine de’ Medici (1519-1589) était une politicienne machiavélique, épouse d’Henri II de France, puis régente de ses trois fils faibles au crépuscule de la dynastie des Valois, qui a autorisé le meurtre de protestants français lors du tristement célèbre massacre de la Saint-Barthélemy en 1572.

Catherine de’ Medici n’a jamais pu diriger la France comme monarque car la loi salique limitait la succession aux seuls hommes. Mais cette Machiavel—dont le père était le mécène de Machiavel—l’a gouvernée comme régente pendant près de 30 ans, et a tout fait pour renforcer la position de ses trois fils faibles sur son trône. Elle a présidé, et a été en partie responsable, de nombreuses horreurs des guerres de religion françaises dans les années 1560 et 1570, dont la pire a été le massacre des protestants rassemblés à Paris pour assister au mariage de sa fille Marguerite Valois avec le duc Henri de Navarre en 1572. Ses politiques calculatrices lui ont permis de remporter des victoires à court terme, mais lorsqu’elle est morte en 1589, ses espoirs pour l’avenir à long terme de sa famille étaient en ruine.

Catherine est née en 1519, fille d’un puissant prince italien de la famille des Médicis. Sa mère est morte en quelques jours de la fièvre puerpérale et son père a succombé à la consommation une semaine plus tard à l’âge de 27 ans, la laissant orpheline après moins d’un mois de vie. Son

Les parents de son père, parmi lesquels les papes Léon X et Clément VII, ont pris soin d’elle, et elle a grandi au milieu des guerres italiennes orageuses dans lesquelles ils étaient des acteurs centraux. Lorsqu’une armée allemande du Saint-Empire romain Charles Quint a mis Rome à sac en 1527, les habitants de Florence ont profité de cette éclipse de pouvoir des Médicis pour restaurer leur république et ont pris en otage Catherine, âgée de huit ans. En s’échappant de Rome et en engageant un groupe de mercenaires pour reprendre Florence, son oncle Clément VII a pu la sauver de son refuge dans un couvent.

Dans la poursuite des ambitions dynastiques du pape Clément, Catherine, 14 ans, est mariée en 1533 à Henri, 14 ans, duc d’Orléans, fils cadet du roi François Ier de France. La cérémonie élaborée à la cathédrale de Marseille a été menée par le pape lui-même, mais son absence d’enfant pendant les dix premières années du mariage l’a rendue impopulaire à la cour de France. Avec l&#8217aide, comme elle le croyait, d&#8217astrologues&#8217autres, elle fut la patronne du voyant Nostradamus et s&#8217est consacrée toute sa vie à la nécromancie, à l&#8217astronomie et à l&#8217astrologie&#8217elle surmonta cette infertilité précoce et donna naissance à dix enfants, à partir de 1543. Peu d’entre eux étaient cependant en bonne santé et, jouissant d’une constitution de fer et de grands pouvoirs de guérison, elle survivra à tous sauf un, Henri III, qui la suivra dans la tombe en quelques mois. La mort du frère aîné de son mari en 1536 fait d’Henry et de Catherine les héritiers du trône, mais les circonstances de sa mort augmentent l’impopularité de Catherine. L’un de ses descendants, le Comte Sebastian Montecuculi, est soupçonné de l’avoir empoisonné pour promouvoir les intérêts de Catherine et, peut-être, de l’ennemi de la France Charles V.

Le mari de Catherine, devenu Henry II, avait passé plusieurs années d’enfance comme otage à la cour d’Espagne à Madrid. À son retour, à l’âge de 11 ans, il avait été pris en charge par Diane de Poitiers, qui était de 20 ans son aînée. Malgré cette différence d’âge, ils devinrent amants, et pendant la plus grande partie du règne d’Henri, qui commença en 1547, Diane éclipsa complètement Catherine dans l’influence sur le roi, bien que son âge et son manque de beauté aient fait de l’attraction et de la loyauté d’Henri envers elle un mystère à la cour. Diane se voit même confier la responsabilité d’élever les enfants de Catherine, et elle organise avec Henry les fiançailles du fils aîné, François, avec Marie, reine d’Écosse, en 1548. Mais en 1557, le sang-froid de Catherine dans l’urgence lui vaut le respect d’Henry. Il avait perdu la bataille de Saint-Quentin face à Philippe II d’Espagne ; lorsque Paris lui-même fut mis en danger, Catherine fit un discours patriotique au Parlement, le persuada de lever plus de troupes et d’argent pour continuer la bataille, et mit fin au vieux soupçon qu’elle était plus une intrigante italienne qu’une vraie reine de France.

Au moment de la naissance de Catherine en 1519, la Réforme commençait avec les critiques de Martin Luther à l’égard de l’Église catholique. La contestation de l’hégémonie religieuse de Rome (domination) a commencé en Allemagne mais s’est rapidement étendue à toute l’Europe. L’avocat et théologien français Jean Calvin, qui vivait et écrivait à Genève, en Suisse, était particulièrement inspirant pour de nombreux Français, hommes et femmes, qui voyaient dans sa version du christianisme une forme plus vraie de leur foi que celle offerte par une Église catholique politisée et souvent corrompue. En France, par exemple, les nominations et les promotions au sein de l’Église catholique étaient toutes à la disposition du roi ; le copinage politique plutôt que la piété et les compétences administratives permettaient de progresser. Les protestants français étaient connus sous le nom de huguenots, et la croissance rapide de leur nombre parmi la noblesse et les classes supérieures ainsi que parmi les gens ordinaires en fit bientôt une force politiquement significative ; les huguenots tinrent leur première assemblée générale française en 1559.

C’était une époque où les monarques supposaient que l’intégrité de leurs royaumes dépendait de l’uniformité religieuse de leurs peuples ; le schisme religieux du type qui a assailli la France au milieu du siècle était sans précédent. Les monarques catholiques de France et d’Espagne ont fait la paix au Cateau-Cambrésis en 1559 en partie parce qu’ils étaient en faillite mais aussi pour pouvoir unir leurs forces contre le protestantisme. Le traité a été scellé par le mariage de Philippe II d’Espagne avec Élisabeth, la fille adolescente de Catherine et du roi Henri. Lors de la joute organisée pour marquer les célébrations du mariage, le roi Henri est cependant mortellement blessé par une lance maniée par un noble calviniste, le comte de Montgomery. La lance a brisé son casque, lui a transpercé l’œil et a pénétré dans son cerveau. La mort d’Henri, quelques jours plus tard, a porté leur fils aîné, François II, âgé de 16 ans, sur le trône.

La France était pleine de soldats démobilisés, dont beaucoup n’ont pas été payés pendant des mois. Les charges fiscales pesant sur les paysans étaient lourdes, et les prédicateurs calvinistes avec leur message de foi non corrompue ont trouvé un public réceptif. Les nobles huguenots passèrent à l’action presque immédiatement, organisant une conspiration pour renverser ou du moins dominer la cour de François II, et obtenant le soutien actif de la nouvelle reine protestante d’Angleterre, Elizabeth I. Puis, dans la ville d’Amboise, leur soulèvement militaire échoua, et l’armée royale arrêta les chefs. En présence de Catherine, de ses enfants et de Marie, reine d’Écosse, 57 des chefs huguenots furent pendus ou décapités. Ce châtiment ne met pas fin aux conflits politico-religieux qui assaillent la France, mais à partir de ce moment, la famille huguenote de Navarre et les Guises catholiques dirigent des factions religieuses et judiciaires rivales. La mort de François II, âgé de 16 ans, l’année suivante, a rendu Catherine régente de son deuxième fils Charles, qui est devenu le roi Charles IX à l’âge de dix ans.

Catholique depuis toujours mais toujours avec un certain cynisme religieux, Catherine semble n’avoir jamais compris la passion avec laquelle beaucoup de ses contemporains vivaient leur vie religieuse. Pour elle, les différences religieuses ont d’abord semblé être un moyen de négociation dans les intrigues judiciaires, qui pourraient être aplanies par une diplomatie délicate. Elle permit à l’amiral Gaspard de Coligny, un huguenot influent, d’agir comme conseiller principal de Charles pendant un certain temps, provoquant ainsi trois nobles puissants, le duc de Guise, le cardinal de Lorraine et le gendarme de France, à couler leurs propres différences et à faire une alliance à trois, un triumvirat, pour la défense du catholicisme contre Coligny.

L’erreur de calcul de Catherine quant à l’impact de la Réforme sur la France fut évidente lors du Colloque de Poissy, en 1561, lorsqu’elle essaya de concilier la faction catholique, sous le cardinal de Lorraine, avec les huguenots, sous le théologien réformateur et ami de Calvin, Théodore Beza. Loin de s’entendre entre eux, les deux

les partis ont durci leurs différences. Dans l’atmosphère empoisonnée d’une négociation rompue, des hostilités ouvertes ont commencé, marquant la première d’une succession de guerres de religion. Interrompu par des trêves, mais marqué par des vendettas féroces, le conflit a fait rage pendant une décennie.

Charles IX était un personnage instable, et en grandissant, il en est venu à détester sa mère et son fils cadet préféré, Henry. Charles, dit le vif historien Henri Nogueres:

avait la silhouette d&#8217un adolescent malade, trop mince pour sa taille, la poitrine creuse et l&#8217épaule tombante&#8230 ;. son teint blafard et ses yeux bilieux trahissaient des troubles du foie ; il avait une torsion amère aux coins de la bouche et des yeux fiévreux&#8230 ;. Il chassait pour tuer, car il prit vite goût au sang, et presque tous les jours il avait besoin de la sensation amère, de la satisfaction désagréable de voir les entrailles palpitantes et les chiens sur la carrière.

Catherine a trouvé relativement facile de dominer Charles, malgré son ressentiment croissant, et face à la guerre constante, elle a également essayé de tailler un peu d’ordre dans le chaos fiscal et administratif du royaume, pour le renforcer en vue des règnes de ses fils. Elle emmena Charles dans un long voyage royal à travers son royaume. En 1565, elle organisa une réunion avec son gendre, Philippe II d’Espagne, pour discuter de la crise religieuse persistante. Philippe n’apprécie pas sa volonté apparente de monter les catholiques et les protestants les uns contre les autres ; à son avis, elle aurait dû faire plus pour faire avancer la Contre-Réforme. Mais il savait aussi que la faiblesse de la France était un avantage stratégique pour l’Espagne. Elle rendait beaucoup moins probable une intervention de la France pour aider les rebelles néerlandais contre l’Espagne. Lorsque la femme de Philippe et la fille préférée de Catherine, Élisabeth, moururent en couches en 1568, Catherine espérait qu’il pourrait épouser sa fille cadette Marguerite, mais Philippe était déterminé à ne pas aller plus loin dans ses relations avec la France. Un autre coup dur fut porté à la politique de Catherine la même année, lorsque sa belle-fille, Marie, reine d’Écosse, fut capturée par ses ennemis anglais et emprisonnée, laissant l’Écosse ouverte à la domination protestante et mettant effectivement fin à l’encerclement franco-écossais catholique de l’Angleterre élisabéthaine.

Pendant une grande partie des années 1560, les deux factions religieuses étaient en guerre tandis que Catherine et Charles essayaient d’éviter de tomber trop lourdement dans l’un ou l’autre camp. La guerre de religion fut encore compliquée par les incursions anglaises en France même, apparemment en alliance avec les huguenots, mais en grande partie pour poursuivre les desseins traditionnels anglais sur le nord de la France. La guerre a également été compliquée par une vendetta entre les grandes familles, provoquée par l’assassinat du duc de Guise par l’amiral Gaspard de Coligny, chef huguenot, en 1563. Alors que les combats se poursuivent, notamment lors de la troisième guerre de religion, de 1568 à 1570, les armées huguenotes attaquent les couvents et les monastères, torturant et massacrant leurs habitants, tandis que les forces catholiques, tout aussi impitoyables, tuent sans discrimination les huguenots de plusieurs quartiers.

Après une décennie de guerre, la paix de Saint-Germain en 1570 réconcilia temporairement les deux parties et entraîna le retour de l’amiral Coligny à la cour. Parmi les dispositions du traité, il était spécifié que la fille de Catherine, Marguerite, devait épouser Henri de Navarre, le chef huguenot, que les huguenots devaient recevoir plusieurs fiefs dans toute la France et que Coligny pouvait reprendre son poste de conseiller royal. Catherine espérait qu’en tant que huguenot modéré, il pourrait agir pour apaiser ses compagnons huguenots alors qu’elle jouait le même rôle chez les catholiques. Mais Coligny se réaffirme rapidement et sans tact à la cour, devenant l’ami et le confident du roi Charles IX mais éveillant les soupçons des courtisans catholiques qui soupçonnent qu’il prépare un autre coup d’État. Lorsque Coligny découvre que Charles et sa mère sont en désaccord, il fait une erreur de calcul et choisit le camp du roi plutôt que celui de Catherine, provoquant son furieux ressentiment.

La ville de Paris était restée amicale envers le parti ultra-catholique de Guise tout au long de ces années de guerre, et la plupart des Parisiens n’appréciaient pas les concessions faites aux huguenots lors du traité de Saint-Germain. La population était donc agitée et en colère lorsqu’une grande assemblée huguenote entra dans leur ville au cours de l’été 1572 pour célébrer le mariage. Marguerite Valois, la mariée, était elle-même une personnalité orageuse et une intrigante invétérée. Lorsque Catherine avait découvert plus tôt que Marguerite avait une liaison avec le duc de Guise, elle l’avait battue à mort avec Charles IX. Le motif de cette alliance était qu’Henri de Navarre, bien que huguenot, aurait une forte prétention au trône de France si ni Charles IX ni Henri, le fils cadet de Catherine, n’avaient un héritier vivant. Un lien avec la famille Valois renforcerait la revendication de Navarre ainsi que les perspectives d’influence continue de Catherine. Marguerite, toujours amoureuse de Guise, a résisté au mariage prévu, selon l’historien Hugh Williamson:

elle et Henri de Navarre se connaissaient suffisamment bien pour savoir qu’ils n’avaient pas la moindre attirance sexuelle l’un pour l’autre et que même leur logement était mis en danger par des différences telles que son goût pour au moins un bain par jour et son aversion pour plus d’un par an. De plus, il sentait toujours l’ail.

Elle a refusé de renoncer à sa foi catholique pour ce mariage, qui a de toute façon été mis en péril lorsque la mère d’Henri, Jeanne de Navarre, est morte subitement lors des négociations qui l’ont précédé. Dans l’atmosphère fébrile de l’époque, de nombreux huguenots étaient prêts à croire que Catherine de Médicis avait empoisonné Jeanne, bien que cela semble peu probable.

Catherine a décidé de se débarrasser une fois pour toutes de Gaspard de Coligny. Elle accepta l’offre du parti de Guise de l’assassiner, espérant que le résultat serait un retour au pouvoir pour son propre parti. L’assassin tira sur Coligny mais ne réussit pas à le tuer, et Charles IX se précipita à ses côtés, promettant une enquête complète et des représailles contre les assassins. Mais sous l’interrogatoire de Catherine et de son jeune frère Henry, Charles accepte finalement leur affirmation selon laquelle Coligny le manipule, que Coligny planifie de renverser tout le tribunal catholique, et que lui et les autres chefs huguenots devraient maintenant être achevés dans un

la frappe préventive. Selon le journal de son frère Henry, Charles s’écrie enfin : “Tuez l’amiral si vous le souhaitez, mais vous devez aussi tuer tous les huguenots, afin qu’il n’y en ait plus un seul qui me fasse des reproches. Tuez-les tous !”

Grâce à un arrangement préalable minutieux, les cloches de l’église ont commencé à sonner à deux heures du matin le 24 août, jour de la Saint-Barthélemy, 1572. Les cloches ont signalé aux troupes catholiques de commencer, et aussitôt elles se sont déplacées pour tuer les blessés de Coligny et d’autres chefs huguenots. Les attaques sont devenues aveugles ; tout sens de l’ordre s’est effondré. Alors que des pillages et des combats généralisés éclatent à travers Paris, plus de 2 000 hommes, femmes et enfants (dont de nombreuses personnes non impliquées dans les controverses politiques et religieuses) sont abattus ou piratés. Des massacres similaires ont suivi en province, lorsque les catholiques ont pris l’initiative contre leurs rivaux huguenots locaux. Le roi Charles craignait d’avoir déclenché une révolution, mais Catherine, selon un spectateur, “paraît plus jeune de dix ans et donne l’impression d’une femme qui s’est remise d’une grave maladie ou a échappé à un grand danger”. Une quatrième guerre civile commence aussitôt, mais par un étrange concours de circonstances, la direction du parti huguenot revient maintenant au fils le plus jeune et le plus sans scrupules de Catherine, François, duc d’Alençon. Se plaçant à la tête des forces protestantes et rêvant d’une couronne, il déclara que son frère aîné Henri, qui venait d’être élu au trône de Pologne, n’était plus disponible comme héritier de la France.

Henry, ce troisième fils de Catherine, était moins facilement dominé et manipulé que Charles. Il était homosexuel et avait eu une longue succession d’amants. Sa mère a essayé de “corriger” cette propension en commandant un banquet où la nourriture était servie par des femmes nues, mais elle n’a pas réussi. Henry avait passé les années 1560 à récolter les lauriers d’un général qui avait réussi dans les guerres contre les huguenots. Ses victoires lui valurent l’envie du roi Charles IX, dont la fragilité physique interdisait de faire campagne. Catherine essaya de marier Henri à Élisabeth Ire d’Angleterre, mais la “reine vierge” déclina avec tact l’offre et s’opposa tout aussi obstinément à la cour du pathétique quatrième frère, Alençon, qu’elle appelait sa “grenouille”. La seule femme à susciter l’intérêt d’Henri, et à qui il envoya des lettres d’amour ardentes signées de son propre sang, était déjà mariée au prince de Condé. Henri ne se réjouit pas à l’idée d’aller en Pologne, bien que la distribution judicieuse de pots-de-vin par sa mère aux électeurs de ce pays lui ait assuré le trône, mais il s’y rend enfin. Son départ provoque un nouveau soulèvement huguenot, dans lequel Alençon, Henri de Navarre et Marguerite Valois sont tous impliqués comme conspirateurs. Avec son énergie habituelle, Catherine coordonne les forces pour l’étouffer, et avec sa détermination habituelle, elle assiste à l’exécution des chefs Montgomery, La Mole et Coconnas. Elle a également assisté à la mort de son fils, le roi Charles, âgé de 24 ans. Elle a maintenant rappelé son favori, Henry, dans son royaume héréditaire.

Henry III fut couronné en 1575 et marié la même année à Louise de Lorraine, mais ils n’eurent pas d’enfants pour poursuivre la lignée des Valois. A partir de ce moment, Catherine confie plus volontiers les fortunes familiales à la famille catholique de Guise, et approuve la formation de la Ligue catholique en 1576 qui marche pour triompher contre les huguenots. Les favoris homosexuels d’Henry prédominent à la cour. Lorsque les Guise provoquèrent un duel et tuèrent deux d’entre eux, Quelus et Saint-Megrim, Henry conçut une haine implacable contre eux. Une autre série de querelles sanglantes s’engage, bien que Catherine continue à insister pour qu’Henry règle ses différends avec les Guise au nom de la sécurité nationale et catholique.

Catherine est restée politiquement active jusqu’à la fin de sa vie, faisant des tournées en France au nom d’Henry et essayant d’assurer la loyauté de ses nombreuses provinces fracturées et déchirées par la guerre. Elle amassa également une énorme collection de livres et de peintures, construisit ou agrandit certains des plus beaux bâtiments de Paris, dont le palais des Tuileries, et poursuivit jusqu’à la fin sa fascination pour l’astrologie. En 1589, elle est grosse et gouteuse et tombe malade cette année-là, après avoir dansé au mariage de l’une de ses petites-filles. Elle vécut juste assez longtemps pour apprendre que les gardes du corps d’Henry avaient assassiné Guise ; cette nouvelle, écrit Williamson, “détruisit sa volonté de vivre, car elle incarnait son échec. Son fils idolâtré, pour lequel elle avait passé toute sa vie, avait détruit tout ce qu’elle avait construit et rejeté tout ce qu’elle lui avait enseigné”. Plus tard cette année-là, Henri III mourut à son tour, assassiné par un frère dominicain, Jacques Clément, qui le considérait comme un traître à la foi pour avoir rejoint Henri de Navarre contre la Ligue catholique. La dynastie des Valois prend ainsi fin. Ironiquement, c’est le prince huguenot Henri de Navarre qui succède au trône, bien qu’il ne puisse s’y asseoir jusqu’en 1593, date à laquelle il adopte cyniquement la foi catholique avec la célèbre remarque “Paris vaut une messe”.

Lectures complémentaires sur Catherine de Médicis

L’étude la plus satisfaisante sur Catherine de’ Médici est celle de Paul VanDyke, Catherine de’ Médici (2 vol., 1992). Le court pamphlet de N. M. Sutherland, Catherine de’ Médici et l’Ancien Régime (1966), fournit une excellente introduction aux problèmes majeurs de l’interprétation du rôle politique de la reine mère. Sutherland a également écrit Les secrétaires d’État français à l’époque de Catherine de Médicis (1962), une étude des plus proches assistants administratifs de Catherine. Sur la politique religieuse de Catherine, voir H. Outram Evennett, Le Cardinal de Lorraine et le Conseil de Trente : A Study in the Counter Reformation (1930), et la partie correspondante de Joseph Lecler, Toleration and the Reformation (trans., 2 vol., 1960). Un exemple de l’utilisation de l’art par Catherine pour soutenir son programme politique est décrit par Francis A. Yates, The Valois Tapestries (1959).

Il existe une littérature historique considérable sur les guerres de religion en France. Nous recommandons James Westfall Thompson, The Wars of Religion in France, 1559-1576 (1909) ; Franklin Charles Palm, Politics et religions dans la France du XVIe siècle (1927) ; J. E. Neale, The Age of Catherine de Medici (1943 ; nouvelle édition 1957) ; Robert M. Kingdom, Geneva and the Coming of the Wars of Religion in France, 1555-1563 (1956) ; et Philippe Erlanger, St. Bartholomew’s Night : Le massacre de la Saint-Barthélemy (trans. 1962). Les guerres de religion françaises sont replacées dans le contexte de la politique européenne dans J. H. Elliot, Europe Divided : 1559-1598 (1968).

Autres sources biographiques

Héritier, Jean, Catherine de Medici. St. Martin’s Press, 1963.

Mahoney, Irene, Madame Catherine, New York : Coward, McCann, &amp ; Geoghegan, 1975.

Nogueres, Henri, Le Massacre de Saint Barthélémy. Macmillan, 1962.

Soman, Alfred, Le massacre de Saint Barthélémy : Réévaluations et documents. La Haye : Martinus Nijhoff, 1974.

Strage, Mark, Women of Power : The, Life and Times of Catherine de Medici. New York : Harcourt Brace Jovanovich, 1976.

Williamson, Hugh Ros, Catherine de Medici. Viking, 1973.


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